Les gestes sont la partie innocente et cruelle de la communication. Le recours aux mains semble curieusement le meilleur des palliatifs quand on ne maîtrise pas la langue de l'autre. Les individus appartenant à des cultures différentes non seulement parlent souvent des langues différentes, mais, ce qui est sans doute plus important, habitent des mondes sensoriels ou perceptifs différents.
Cet article n'envisage que d'aborder les communications gestuelles, c'est-à-dire d'aborder ce vaste ensemble de gestes intentionnellement exprimés en vue d'une communication : ces expressions sont des signes conventionnels qui viennent accompagner (ou appuyer) une communication verbale ou s'en affranchissent et sont signifiantes par elles-mêmes (gestes auto-signifiants). Ce n'est ici qu'une entrée en matière, et n'a pas encore d'ambition d'un véritable répertoire. Il est rassemblé un certain nombre de données recueillies scrupuleusement au Yémen (mais sans être exhaustif), en particulier à Taez et Sanaa.
Cette étude donne un premier aperçu de la richesse des gestuelles yéménites utilisées dans des contextes de communication. Plus de 150 gestes sont classés selon deux modalités d'expression : être en relation avec quelqu'un (Saluer, s'opposer, promettre, etc.) et décrire (une personne, un objet, etc.). |