| Mon propos se développera en trois points. Je présenterai le contenu d'un fonds d'archives, et les usages qu'en ont fait les historiens ; historiens de l'époque ottomane, et non pas les spécialistes de la colonisation : les premiers y ont prêté attention, pas les seconds Or, ce fonds, le rassemblement des données qui le composent, mais également son classement, quoique essentiellement en arabe, date du début de la conquête française et a été établi dans les années 1830 en vue de définir l'ampleur du domaine de l'Etat, au profit du nouveau conquérant. Dans un deuxième temps, je propose d'observer la même documentation sous l'angle de la taxinomie utilisée dans les archives, et par-delà sous l'angle du poids des catégories administratives dominantes dans la redéfinition des langages de l'espace, mais aussi ses limites. Après avoir interrogé la position de l'histoire ottomane face à cette archive, c'est dans cette partie celle de l'histoire coloniale qui est questionnée. Dans un dernier temps, au contraire, je propose d'observer toujours la même documentation sous l'angle des conflits qu'agitent les questions relatives à la propriété. En effet, ni une mise en forme des voix colonisées, ni un processus de falsification de la portée de ces voix, cette source apparaît plutôt comme travaillée par un ensemble de revendications et de luttes pour les droits, et à ce titre fait figure d'un document de combats. |