| Si les anciennes colonies d'Amérique latine acquièrent leurs indépendances au début du XIXe siècle, force est de constater que cela n'implique pas nécessairement un divorce avec l'Europe mais une focalisation, au courant du siècle, sur d'autres centres européens culturellement dominants, comme Paris, Londres ou Berlin. C'est en ce sens qu'il est intéressant d'observer la circulation des biens matériels entre la France et le Brésil par le biais des voyageurs, tout en gardant à l'esprit le fait qu'elle s'inscrit dans le contexte d'un marché largement dominé par l'Angleterre. Cette circulation peut globalement être étudiée autour de trois types de produits : produits de luxe et de jouissance, biens culturels et dernières innovations. On constate que s'il existe, dès le début du siècle, un commerce français à Rio (magasins français), la filière des voyageurs et de l'importation à usage personnel n'est pas à négliger et bien souvent, les élites brésiliennes, qui partent de plus en plus en Europe dès 1850, ont des valises largement plus lourdes au retour qu'à l'aller. |